Entre l’homme et l’animal, chercher la bête

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Couverture de l'ouvrage Bestiaire désenchanté de Marcel Barelli

Rien de tel qu’un dessin pour frapper les esprits. Surtout quand il s’accompagne d’un texte engagé, précis sur le plan scientifique, et nourri d’informations étonnantes. Primé dans le monde entier pour ses courts métrages d’animation, le réalisateur Marcel Barelli signe ici son deuxième livre dédié aux animaux, après Bestiaire helvétique. La tonalité est plus sombre et lucide: en saisissant cinquante espèces animales dans leurs interactions humaines, il souligne les immenses souffrances qu’elles conçoivent à fréquenter l’homme. Ces cinquante entrées mettent en lumière notre conduite, nos attitudes et nos préjugés à l’égard des animaux. Les trafics, par exemple, qui toucheraient 600 millions de poissons tropicaux, 15 millions d’animaux à fourrure, 5 millions d’oiseaux, 2 millions de reptiles et 30’000 primates par an. Plus d’un milliard d’animaux sont aussi tués chaque année dans le monde pour le commerce du cuir. Le dessin est parfois terrible, mais souvent drôle et ironique. Les incontournables vaches ou abeilles voisinent avec le corail corne de cerf, le lombric, l’anchois péruvien, destiné uniquement à être transformé en huiles ou farines animales, et le chat, désormais considéré comme espèce nuisible. Soutien indéfectible à la cause animale, l’auteur invite le lecteur à réfléchir au sens de ce néologisme intéressant, «sentience», qui fait la synthèse entre sensibilité et conscience qui envisage la question animale de façon totalement renouvelée.

Source:
Karine Papillaud, Magazine LivreSuisse n°4