Mathias Reynard dépose une initiative parlementaire

[…] On se souvient qu’en 2012, le succès (côté alémanique) du référendum lancé par Philippe Nantermod contre la loi du prix réglementé adoptée par le parlement avait douché les attentes de toute l’inter-profession du livre en Suisse romande.
Pourtant ce combat est légitime car il vise à maintenir un réseau dense de librairies dans notre pays et à garantir la diversité éditoriale.
Et ce combat est nécessaire car seul un prix réglementé est de nature à limiter la concurrence agressive de sites de vente en ligne étrangers.
En Suisse, un tel objectif doit faire l’objet d’un consensus à l’échelle nationale, qui n’existe pas encore aujourd’hui, et d’un travail préparatoire, patient et rigoureux, en termes de modalités d’application et en termes d’information aux citoyens. Or au moment où la librairie regagne la confiance de ses clients, les combats ne manquent pas qui sont tout autant prioritaires: l’adoption d’un statut de commerce essentiel pour les librairies, le projet LIBER, la mise en application du contre-projet à l’initiative Stop à l’îlot de cherté, la négociation de tarifs postaux privilégiés pour le livre, en Suisse et vers l’étranger, l’introduction d’un dispositif de soutien à la librairie indépendante, la place de la littérature suisse dans nos écoles…
Il y aura bientôt 40 ans, la France adoptait le prix fixe du livre, il a fait largement ses preuves. De nombreux pays voisins l’ont suivi dont tout récemment la Belgique, avec des processus propres aux spécificités des régions linguistiques. Les sceptiques d’hier s’y rallient. Un prix réglementé devra être mis en place en Suisse, tôt ou tard, et ce combat devra rassembler tous les professionnels du livre.