Message culture dès 2025 : dispositif de soutien aux librairies

Primes pour les services d’intermédiation et de promotion dans le secteur du livre

La librairie – pour les nombreux éditeurs et auteurs suisses – offre un service décisif en mettant à la disposition du public les livres d’importance régionale ou nationale, et ceci de diverses manières : tout d’abord en achetant les livres dans son assortiment et en leur offrant une visibilité (le marché du livre est avant tout un marché d’approvisionnement), par l’organisation de toutes sortes d’événements, par l’établissement de listes de recommandations, etc.

C’est la librairie qui établit le contact avec le lecteur pour la promotion de l’auteur, de la traduction et de l’édition. Les librairies bien assorties constituent le lieu essentiel de la diffusion du livre et, avec les bibliothèques, elles en sont les intermédiaires les plus importants. Déjà dans le Message Culture 2016-2020, l’OFC a attiré l’attention sur leur «rôle important dans la médiation littéraire» et posé le fait incontestable que les libraires sont des «acteurs culturels à part entière». C’est pourquoi les associations professionnelles proposent un modèle de promotion pour soutenir le rôle décisif, dans le cadre de la politique culturelle, que jouent les librairies suisses dans les domaines de la médiation et de la promotion – bouclant ainsi le dernier maillon de la chaîne du livre.

Le SBVV a développé un modèle basé sur les principes de l’aide structurelle à l’édition et sur le modèle des aides à la librairie du canton de Genève que LIVRESUISSE soutient pleinement et revendique. Comme pour l’aide à l’édition, les critères doivent être transparents, fondés sur des normes professionnelles, les décisions doivent être intelligibles et les récompenses pluriannuelles et donc prévisibles.

 

Résumé d’un modèle de promotion des services intermédiaires et promotionnels dans le secteur du livre

Dans un premier temps, les libraires doivent prouver qu’ils satisfont aux exigences professionnelles pour pouvoir bénéficier d’un financement ; les conditions préalables seraient, par exemple, la preuve qu’ils sont une société suisse, qu’ils réalisent un chiffre d’affaires annuel minimal, qu’ils gèrent un magasin avec des heures d’ouverture régulières, avec une part minimale de livres disponibles dans les langues nationales dans leur assortiment, etc. Seules les entités répondant à ces critères seraient admissibles à un tel modèle de financement.

Dans un deuxième temps, les différentes activités et services de la librairie dans le domaine de la médiation et de la promotion seraient répertoriées dans un catalogue de services. En fonction du nombre de points obtenus, les candidats recevraient des primes de l’ordre de CHF 5’000 ou CHF 10’000 par an. Par exemple, les critères suivants seraient évalués :

– La librairie dispose d’un assortiment dans lequel les auteurs et éditeurs suisses sont présents et maintenus (définir un pourcentage minimal).

– La librairie organise au minimum quatre à cinq manifestations par an (lectures ou groupes de lecture, tables rondes, rencontres avec des auteurs, etc.)

– La librairie offre des services de conservation (listes de recommandations, présélections pour les bibliothèques et les écoles, conseils de livres personnalisés ou production de courtes critiques sur divers canaux, réseaux, blogs de livres, etc.)

– L’entreprise forme des apprentis libraires et assure ainsi la transmission des connaissances de base de la médiation littéraire professionnelle.

Le modèle développé par le SBVV n’implique que peu d’efforts administratifs pour tous les partenaires et pourrait être mis en œuvre dans toute la Suisse dans un court laps de temps, de sorte qu’un soutien à la médiation culturelle et aux services de promotion dans le secteur du livre pourrait très bien être mis en œuvre dès 2021.

Sur les besoins financiers : les associations professionnelles estiment qu’il y a environ 140 librairies en Suisse alémanique, une bonne trentaine en Suisse romande et quelque 10 au Tessin, qui répondent aux critères d’entrée professionnels et proposent les services de vente correspondants. Multiplié par une prime moyenne de CHF 7’500.–, cela représente un besoin de financement d’environ CHF 1,35 million. Si l’on ajoute les frais d’administration et une petite réserve, l’aide à la médiation et à la promotion de la librairie s’élèverait à CHF 1,5 million par an.