Trois questions à Bernard Utz

La Journée de la lecture à voix haute fête cette année son 5e anniversaire ! Quelle est son origine, quels sont les principaux objectifs poursuivis et à quel public s’adresse-t-elle ?

L’idée de la Journée est de rappeler que la lecture régulière à voix haute aux enfants est essentielle pour leur développement. Elle leur permet de développer une vision positive du livre, d’élargir leur vocabulaire, les aide avec l’apprentissage de la lecture et de l’écriture et les familiarise avec la langue du récit. Un autre aspect non négligeable, et au contraire très important, c’est l’aspect convivial de la pratique de la lecture. C’est avant tout un moment de partage, d’échange, l’occasion de partir à l’aventure dans des mondes extraordinaires. Du moment qu’il y a du plaisir, tous les avantages pédagogiques suivent. Nous sommes convaincus que la plupart des familles en sont conscientes, mais dans la frénésie du quotidien, les bonnes habitudes sont parfois oubliées. La Journée peut être vue comme un rappel annuel : nul besoin de lire à ses enfants ou petits-enfants pendant trois heures. L’importance est d’être régulier :  cinq minutes de lecture, chaque jour, sont déjà bénéfiques pour les enfants et les jeunes. Avec cette Journée, on espère également sensibiliser le monde politique et la société en général à la nécessité de la promotion de la lecture et à l’accès facilité de tous les enfants et jeunes à la lecture.

 

Parmi les quelque 6000 lectures déjà agendées sur votre site, pouvez-vous nous mettre l’eau à la bouche avec quelques événements insolites ?

A Genève, au MAMCO, le public pourra assister à la lecture d’une histoire en rapport avec la montagne, accompagnée par la violoncelliste Estelle Revaz. A Bienne, quatre étudiantes de l’Institut littéraire suisse liront leurs livres jeunesse préférés ainsi que leurs propres créations. A Ollon, des lectures, dont une de Maude Mathys, seront proposées dans le magnifique château de la Roche. Dans différentes villes, à Renens, Neuchâtel ou Sierre par exemple, se dérouleront des lectures multilingues, en espagnol, polonais, portugais, anglais, français, ukrainien.  A Court, la bibliothèque propose cette année des histoires sur le thème des bêtises.

Les animations auront également lieu à l’extérieur, dans des parcs et dans les rues. Beaucoup d’organisateurs ont en effet parié sur le beau temps pour le 18 mai ! Actuellement, une septantaine d’évènements publics sont prévus en Suisse romande. Ils sont répertoriés sur la carte interactive de notre site.

Cet événement est organisé par l’Institut suisse Jeunesse et Médias qui a pour but de promouvoir la lecture et la recherche dans le domaine de la littérature de jeunesse. En parallèle de cette journée, quelles sont les principales actions mises en place par cette institution ?

Outre la Journée, on peut par exemple mentionner le projet 1001 histoires, destiné aux familles allophones, qui propose des lectures dans les différentes langues de l’immigration. L’ISJM veut également faire découvrir aux enfants et aux jeunes qui se cache derrière les livres. Il organise ainsi des rencontres de créateurs, autrices ou illustrateurs par exemple, dans des classes d’école. Il collabore également avec d’autres institutions (comme Bibliomedia, Unicef) à des événements bien établis tels que Né pour lire et La Nuit du conte en Suisse, auxquels de nombreuses bibliothèques et librairies participent chaque année. L’ISJM gère également Ricochet, une plate-forme de référence dédiée à la littérature jeunesse francophone, qui répertorie une grande partie de la production éditoriale et propose des avis de lecture ainsi que divers articles et interviews