Trois questions à Laurent Voisard

Bibliomedia est un acteur incontournable du livre. Mais de quoi parle-t-on ? D’une bibliothèque, d’un réseau, d’un service public ? Quelles sont ses principales missions et quels sont ses leviers d’actions ?

Bibliomedia Suisse, anciennement la Bibliothèque pour tous, a été fondée en 1920 avec l’appui de la Confédération dans le but de soutenir la création de bibliothèques publiques en Suisse. Cette tâche s’est élargie au fil du temps à la promotion de la lecture dans les écoles et les bibliothèques. Bibliomedia en tant que fondation subventionnée par l’Office fédéral de la culture œuvre à plusieurs niveaux : national avec son programme d’éveil au langage et au livre Né pour lire qu’elle mène en partenariat avec l’Institut suisse jeunesse et médias (ISJM) ou sa bibliothèque numérique e-bibliomedia. Au niveau cantonal, elle travaille avec les écoles de toute la Suisse, principalement en fournissant des livres pour l’apprentissage de la lecture (lectures suivies). Au niveau communal, ce sont plus de 1000 bibliothèques communales qui collaborent chaque année avec Bibliomedia. Pour l’emprunt de livres, dans les langues nationales mais aussi en langues étrangères (9 principales langues de la migration et bientôt 10 avec l’ukrainien), mais aussi pour des conseils, notamment en médiation culturelle par l’intermédiaire de son Laboratoire des bibliothèques.

 

Quel est le but et à qui s’adresse l’offre de formation continue mise en place depuis quelques années par Biblioromandie ?

Biblioromandie est une association qui regroupe des bibliothèques publiques et scolaires et des personnes qui travaillent en bibliothèque. Le milieu des bibliothèques de lecture publique est particulier : il emploie des personnes qui ne sont pas forcément bibliothécaires professionnel.le.s. On trouve de plus en plus de métiers différents consécutivement à l’ouverture des bibliothèques à des tâches très variées : la médiation culturelle, l’accueil de personnes à bas seuil, la fourniture de services tels que Makerspace ou Fablab, conférences, concerts, grainothèque, etc. L’offre des cours de formation continue doit s’adapter à ces différents besoins. Biblioromandie offre une vingtaine de journées de formation par année qui sont également ouverts aux libraires.

 

Depuis 1980, le prix littéraire Bibliomedia récompense une œuvre de fiction parue en français et écrit par un.e auteur.e de Suisse romande. Quelle est l’origine de ce prix qui au fil des ans est devenu un des plus importants de Suisse romande ?

Ce prix est né conjointement à l’installation de Bibliomedia dans ses nouveaux locaux de l’ancienne douane de Marterey à Lausanne. A cette époque, il y avait encore très peu de prix littéraires en Suisse romande. La particularité du Prix Bibliomedia – être cofinancé par les DIP romands – lui assure une assise solide. Le livre récompensé est aussi offert aux bibliothèques publiques de son réseau, lui garantissant du même coup une visibilité et une durabilité importantes. En 42 éditions jusqu’ici, le Prix Bibliomedia a récompensé aussi bien des premiers romans (Jacques-Etienne Bovard, Annik Mahaïm, Nicolas Couchepin, Nicolas Verdan, etc.) que des plumes confirmées (Anne Cunéo, Anne-Lise Grobéty, Roland Buti, Pascale Kramer, Etienne Barilier, Michel Layaz ou encore Daniel de Roulet). Liste complète en lien.

Malgré la modestie de la dotation (5000 frs) ce Prix, d’une relative ancienneté, est apprécié des lauréat.e.s car le jury est composé principalement de bibliothécaires qui lisent tous les livres retenus et en débattent; et aussi parce qu’il est largement diffusé dans les bibliothèques.