Trois questions à Nicole Pfister Fetz

1) Membre active de la taskforce Culture, vous êtes d’abord la secrétaire générale de l’Ad*S qui regroupe plus de 1’000 autrices et auteurs de toute la Suisse: presque 2 ans après le début de la pandémie, comment vont nos auteurs ?

Ce n’est pas une question facile. Sur le plan personnel, les autrices et auteurs se sentent très différents, parfois très actifs sur le plan littéraire, souvent trop préoccupés par la situation actuelle, ce qui pèse sur leur création. Certains auteurs doivent refaire leurs preuves à chaque parution, se découragent et n’écrivent plus. D’autres se sont essayés à d’autres genres, ce qui complique le travail de reconnaissance. Heureusement, les événements littéraires ont été plus nombreux en été et en automne – ce qui change malheureusement à nouveau en ce moment. Mais de manière générale, ces deux dernières années ont laissé des traces : une œuvre sur trois a été publiée avec du retard ou pas du tout en raison du lockdown, la visibilité n’a pas été facile et reste difficile avec l’aggravation de la crise Covid – et tous les auteurs qui vivent principalement de manifestations parlent de deux années pratiquement perdues. Heureusement, de nouvelles idées ont aussi vu le jour, le monde littéraire se réinvente également dans de nombreux domaines – et de nombreux auteurs y contribuent largement.

 

2) De nombreuses manifestations culturelles sont à nouveau annulées ou alors elles ont lieu mais avec un public nettement moins nombreux que d’habitude à cause des restrictions imposées. C’est donc une perte de revenus pour les organisateurs et pour tous les acteurs culturels en Suisse :  la Loi Covid-19 récemment adoptée offre-t-elle un cadre suffisant pour les soutenir ?

Pour la culture, la prolongation de la loi Covid 19 est une question de survie. Les mesures de soutien financier aux créateurs et aux entreprises culturelles pourront ainsi être maintenues jusqu’à fin 2022. Même si la situation devait enfin s’apaiser à partir du printemps prochain, il faudra encore du temps pour que les entreprises culturelles fonctionnent à nouveau dans des conditions plus ou moins normales. Comme nous l’avons toujours dit, la culture est «first in, last out», c’est la réalité. Mais pour que la culture survive dans toute sa diversité, l’allocation perte de gain Corona, l’aide d’urgence de Suisseculture Sociale et l’indemnisation des pertes financières sont, entre autres mesures, essentielles.

 

3) L’A*dS est l’une des 5 associations professionnelles réunies autour du projet LIBER de soutien à toute la chaîne du livre, qui vient d’émettre des bons pour une valeur de plus de un million de CHF: la prochaine étape consiste à mettre sur pied des événements LIBER en librairie, pouvez-vous nous en dire plus ?

Les autrices et auteurs ont besoin de visibilité pour leurs œuvres afin que les lectrices et lecteurs, le public s’y intéressent, et les lisent. Le projet LIBER diffuse des bons LIBER pour «booster» la vente de livres. La prochaine étape consiste à inviter les librairies et les maisons d’édition à proposer, à la fin de l’hiver et au début du printemps, des manifestations avec des autrices et des traducteurs littéraires dans toutes les régions du pays, afin d’attirer encore plus l’attention sur la création littéraire et les livres en Suisse. Donc une campagne LIBER pour faire connaître la diversité littéraire. Nous espérons que les librairies et maisons d’édition feront preuve de créativité pour proposer des événements qui sortent un peu des formats conventionnels de signatures ou lectures ! Tous les moyens de passionner les lectrices et lecteurs sont bons…

Lire ici le communiqué de presse de la Taskforce Culture du 9 décembre