Trois questions à Reina Gehrig

Allegra, le festival des littératures suisses et la quinzaine du livre vient de déployer dans toute la Belgique, avec plus de 35 auteur.trice.s de toute la Suisse, quel bilan en tirez-vous  ?

Du point de vue de la Fondation Pro Helvetia, l’événement est une réussite. Aller à la rencontre des différentes régions linguistiques de Belgique et y multiplier les échanges plurilingues a certes représenté un défi en termes de programmation, mais cela s’est avéré un véritable enrichissement. Notre délégation, composée d’autrices et auteurs de toute la Suisse, mais également de professionnelles et professionnels du livre jeunesse et de la bande dessinée, s’est vue offrir des espaces de rencontres et d’échanges exceptionnels, inédits pour certains – si l’on pense au Blablabus –, insoupçonnés pour d’autres – comme l’incroyable écrin de la Bellone à Bruxelles.

Quels étaient les intentions du projet et quelle est la suite à donner à ce type de promotion et d’échanges ?

Offrir une portée internationale à la scène littéraire suisse est pour nous une priorité. Allegra nous a également permis de consolider les partenariats avec nos confrères en Belgique et d’élargir les réseaux d’interactions possibles. En ce sens, nous nous réjouissons de cet engagement belgo-suisse, et espérons des liens durables.

Vous avez repris la section Littérature de Pro Helvetia il y aura 2 ans cet été, après 8 années à la tête des Journées littéraires de Soleure: vous êtes donc toute désignée pour nous dire comment se porte la littérature suisse aujourd’hui ?

La littérature suisse d’aujourd’hui est très active, vivante, multiforme, politique aussi, mais comment se porte la scène littéraire? Reposez-moi la question dans 6 mois ou dans 1 an – pour l’instant, tout le monde essaie de retrouver une certaine normalité. C’est un plaisir de voir la vie revenir lentement mais sûrement dans les manifestations après deux ans de pandémie, et de voir à quel point toutes les parties sont heureuses de se retrouver. J’observe aussi qu’il y a une plus grande ouverture pour aller à la rencontre de collègues d’autres régions linguistiques.